Lors de cet essai, contrairement à ce qui était attendu, les techniciens ont constaté que l'un des robinets ne se fermait pas automatiquement. Ils ont donc lancé des investigations pour solutionner le problème technique et tester une nouvelle fois le bon fonctionnement du circuit. Le 3 décembre en début d'après-midi, le circuit était à nouveau disponible
Cette indisponibilité temporaire de ce système de sécurité, même si elle n'a eu aucune conséquence pour la sûreté et le fonctionnement de l'installation, constitue un écart aux règles d'exploitation. Elle a donc été déclarée initialement par la centrale à l'Autorité de sûreté nucléaire au niveau 0 de l'échelle INES qui compte 7 échelons.
Mais les analyses approfondies de l'événement technique ont mis en évidence un second écart aux règles d'exploitation. En effet, durant les quelques heures pendant lesquelles le circuit n'était pas disponible, aucune action d'exploitation n'aurait dû être réalisée sur le système d'injection, or des appoints automatiques en eau ont tout de même été effectués.
Ce deuxième constat, qui constitue un écart aux règles d'exploitation, a conduit la centrale de Cruas, le 16 décembre, à reclasser l'événement au niveau 1 de l'échelle INES.
A l'issue de l'intervention de remise en service du circuit, un contrôle a été réalisé pour vérifier son bon fonctionnement. Ce contrôle n'a pas permis, à ce moment là, de détecter qu'une des vannes de ce circuit était restée fermée alors qu'elle aurait dû être ouverte. Cette mauvaise position de la vanne a été mise en évidence quelques heures plus tard, et l'écart a été aussitôt corrigé.
Celui-ci a eu pour conséquence d'avoir rendu le circuit d'appoint en eau borée non disponible sur l'unité de production voisine, l'unité n°1, pendant le court délai entre le constat et sa correction.
L'événement, qui n'a pas eu de conséquence sur la sûreté des installations, constitue un écart aux règles générales d'exploitation, ce qui a conduit la centrale de Cruas-Meysse à le déclarer, à l'Autorité de sûreté nucléaire, au niveau 1 sur l'échelle INES, échelle de classement des événements nucléaires qui compte 7 échelons.
* Le bore est un élément qui, dilué dans l'eau du circuit primaire, constitue l'un des moyens de la régulation de la réactivité dans le cœur du réacteur.
Cet intervenant travaillait sur une opération de maintenance de robinetterie, dans l'unité de production n° 1 de la centrale, qui était en arrêt programmé.
Il a été examiné par le service médical du site. Les premières analyses permettent d'estimer, actuellement, que le niveau d'exposition interne est légèrement supérieur au quarantième de la limite annuelle réglementaire, fixée à 20 mSv* pour tous les intervenants en zone nucléaire. Le salarié sera suivi quotidiennement par le service médical jusqu'à l'élimination naturelle de la contamination.
Un analyse technique est en cours afin d'identifier la cause de la contamination. L'Autorité de sûreté nucléaire et les pouvoirs publics ont été informés de cet événement.
* Le sievert (Sv) estime l'effet du rayonnement sur l'homme. Les expositions s'expriment généralement en mSv. L'exposition moyenne annuelle naturelle d'un individu est de 2,4 mSv.
Chaque centrale nucléaire déclare les évènements liés à son exploitation.
L'échelle INES *, adoptée depuis 1991, permet d'en évaluer l'importance.

* Cette échelle, établie par l'institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire met en place un langage commun pour évaluer la gravité d'un incident ou d'un accident survenu dans une centrale nucléraire; l'échelle se compose de 7 niveaux, le septième étant le plus grave.
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