Mardi 6 mai, vers 20 h 30, sur l'unité de production n°4 actuellement en arrêt programmé pour effectuer le rechargement du combustible et des opérations de maintenance, les dispositifs de surveillance ont détecté que de l'eau légèrement radioactive, 35 m3, s'était écoulée sur le sol dans le bâtiment des circuits nucléaires annexes de l'unité. Ce bâtiment, situé à proximité des bâtiments réacteur et combustible, contient des systèmes contribuant au fonctionnement et à la sûreté du réacteur.
L'eau provenait du circuit de contrôle volumétrique et chimique permettant de vérifier différents paramètres de l'eau du circuit primaire. Il s’agit de paramètres liés au volume de l’eau qui varie selon la température, à sa concentration en bore (élément permettant de contrôler la réactivité nucléaire) et à sa qualité chimique pour éviter la corrosion des matériaux. Dès la détection de l'événement, l'écoulement a été rapidement stoppé, l'eau a été collectée dans des puisards spécifiques, aucun matériel n'a été endommagé.
Lors de leur analyse, les exploitants ont constaté un écart dans la préparation d'une intervention qui avait été réalisée sur une pompe d'appoint au circuit primaire. Pour réaliser cette intervention, la pompe aurait dû être isolée du circuit. Or, elle est restée en pression par erreur, laissant échapper de l'eau lors d'un appoint d'eau automatique.Cet événement n'a pas eu de conséquence sur la sûreté des installations, l'environnement et la sécurité des personnes.
Il a été déclaré le 9 mai à l'Autorité de Sûreté Nucléaire, au niveau 1 de l'échelle INES qui compte sept échelons, car le défaut de préparation de l'intervention sur la pompe a entraîné une indisponibilité temporaire du circuit de contrôle.
A partir de 2005, EDF a engagé, lors des arrêts pour maintenance de ses réacteurs, un contrôle systématique des appareils de mesure de débits d'eau situés sur les circuits secondaires* des installations du parc nucléaire.
Ces opérations ont mis en évidence, pour les sites de Dampierre et Gravelines, un écart dans la mesure fournie. Cet écart a montré que les réacteurs concernés ont fonctionné à une puissance de l’ordre de 1% au-dessus de leur puissance normale.
Comme les études de sûreté prévues lors de la conception d’une centrale tiennent compte du niveau de puissance des réacteurs, ce dépassement réduisait donc les marges retenues dans le cadre de ces études.
Cependant les méthodes et les règles de calcul utilisées permettaient de disposer de marges supplémentaires intégrant un aussi faible dépassement du niveau de puissance du réacteur.C’est une érosion d’une partie métallique du dispositif de mesure en contact avec l’eau qui est à l’origine de cette différence de mesure, sans conséquence pour la sûreté et le fonctionnement des installations.
Les appareils concernés par l’usure ont été remplacés, permettant ainsi de supprimer l’écart.
Cet événement, appelé « générique » car commun à plusieurs sites, a été déclaré le 26 septembre par EDF à l'Autorité de Sûreté Nucléaire au niveau 1 de l'échelle INES qui compte sept échelons.
* Le circuit secondaire (ou circuit eau-vapeur) est un circuit fermé chargé d’amener à la turbine la vapeur produite dans le générateurs de vapeur, échangeurs de chaleur placés entre les circuits primaire et secondaire. La turbine entraîne ensuite l’alternateur qui produit l’électricité. Après condensation de la vapeur, le circuit secondaire permet de réinjecter l’eau recueillie dans les générateurs de vapeur.
Dans le cadre du plan ‘grands chauds' suite à la situation de canicule de 2003, des études ont mis en évidence que dans certaines situations accidentelles hautement improbables, EDF ne peut assurer en toutes circonstances, la tenue de pompes nécessaires au refroidissement du réacteur. Cependant, les procédures de conduite permettraient, dans une telle situation, d'assurer le refroidissement.
Pour garantir la tenue des pompes, EDF a décidé de modifier leur circuit de lubrification en remplaçant un robinet. La modification interviendra sur tous les sites concernés, sur une période de un à quatre ans.
L'écart générique* a été déclaré à l'Autorité de Sûreté Nucléaire au niveau 1 de l'échelle INES.
*générique : commun à plusieurs centrales nucléaires. Sites concernés : Blayais, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent et Tricastin.
Lundi 16 avril, un camion en provenance de la centrale de Dampierre et qui se rendait à Tricastin a perdu un colis de son chargement. Le colis contenait des outillages utilisés en centrale nucléaire. Les scellés du conteneur sont restés intacts et la réglementation en vigueur pour ce type de colis a été respectée. Ces contrôles ont permis de vérifier l'absence de radioactivité sur le conteneur, sur la chaussée ou dans l'environnement.
Un nouveau transport a pu reprendre la route après contrôles et autorisation donnée par les pouvoirs publics. Cet événement a été déclaré à l'Autorité de Sûreté Nucléaire au niveau 1 de l'échelle INES.
Le 9 avril, la défaillance d'un relais a entraîné la perte d'une alimentation électrique de l'unité de production n° 3. Conformément aux procédures d'exploitation, l'unité a donc été mise à l'arrêt.
Le matériel défaillant sur l'installation électrique a été identifié et remplacé.
Les expertises sont en cours pour identifier les dysfonctionnements à l'origine de la perte de l'alimentation électrique.
Durant la gestion de cet événement par les équipes mobilisées, la sûreté de l'installation a toujours été assurée.
L'Autorité de Sûreté Nucléaire a été informée de l'événement qui a été déclaré au niveau 1 de l'échelle INES.
Chaque centrale nucléaire déclare les évènements liés à son exploitation.
L'échelle INES *, adoptée depuis 1991, permet d'en évaluer l'importance.

* Cette échelle, établie par l'institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire met en place un langage commun pour évaluer la gravité d'un incident ou d'un accident survenu dans une centrale nucléraire; l'échelle se compose de 7 niveaux, le septième étant le plus grave.
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