La quantité du volume mesuré au sol, sur les papiers absorbants situé autour du moteur et dans le caniveau, permet d'estimer qu'une dizaine de litres au maximum aurait pu s'être écoulée dans le Rhône. Aucune irisation n'est constatée à la surface de l'eau.
Compte tenu du faible volume d'huile suspecté d'une part, et du débit actuel du Rhône (350 000 litres par seconde) d'autre part, cet écoulement, s'il était avéré, n'aurait pas de conséquences sanitaires et environnementales.
Des investigations sont en cours sur le moteur pour déterminer l'origine de cet écoulement d'huile.
La Préfecture de l'Ain et l'Autorité de Sûreté Nucléaire ont été informées de cet événement.
Le 26 novembre, lors des essais réalisés en préparation du redémarrage de ce réacteur, les équipes de la centrale ont détecté un dysfonctionnement sur une vanne régulant la vitesse de l'une des pompes de secours des générateurs de vapeur.
Pour une panne sur ce matériel, les règles d'exploitation demandent, d'une part, de baisser la pression et la température de l'eau du circuit primaire dans un délai maximum de 24 heures et, d'autre part, d'effectuer la réparation dans un délai maximum de 3 jours.
Or, le délai de baisse de température et de pression a été dépassé de 3 heures et le délai de réparation de la pompe a été dépassé de 8 heures.
Ces deux dépassements n'ont eu aucune conséquence sur la sûreté de l'installation.
Ils constituent cependant des écarts aux règles d'exploitation des réacteurs et, à ce titre, ils ont été déclarés par la centrale à l'Autorité de Sureté Nucléaire, au niveau 1 de l'échelle INES qui en compte 7.
Le 9 août 2011, un camion a chargé des gravats d'un chantier sur le site en déconstruction de Bugey 1, situé à l'intérieur de la centrale du Bugey.
Un dispositif de contrôle automatique, situé à la sortie du site, a détecté des traces de radioactivité lors du passage de ce camion. L'alarme visuelle générée n'ayant pas été identifiée par le gardien, le véhicule, contrairement aux procédures en vigueur, n'a alors pas fait l'objet des contrôles complémentaires prévus. Les gravats ont ensuite été déchargés dans une carrière agréée pour réceptionner des gravats ordinaires.
Dès la détection de cet écart, une équipe spécialisée de la centrale s'est rendue à la carrière pour effectuer des contrôles. Ces derniers ont confirmé la présence limitée de traces très faibles de radioactivité artificielle dans ces gravats. Ces traces équivalent, pour une personne qui serait restée en contact direct avec ces gravats pendant une heure entière, à une dose 300 fois inférieure à la dose réglementaire annuelle autorisée en France. Les pouvoirs publics, l'Autorité de sûreté nucléaire, ainsi que l'exploitant de la carrière et le maire concerné avaient été immédiatement informés.
Dès le 10 août au matin, la totalité des gravats a été enlevée pour être entreposés sur une aire prévue pour les déchets très faiblement radioactifs à l'intérieur de la centrale. Les mesures effectuées, après cette opération, ont confirmé qu'il n'y avait plus du tout de trace de radioactivité artificielle dans la carrière.
Le 11 août, à la suite de cet événement, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a réalisé une inspection sur la gestion des déchets à la centrale. Les inspecteurs ont ensuite fait part de leurs observations et de leurs demandes dans une « lettre de suite », mise en ligne sur le site internet de l'ASN. En effet, chaque inspection de l'ASN donne lieu à une lettre de suite, à laquelle l'exploitant doit répondre dans un délai de 2 mois, ce que le site de Bugey a fait. L'ASN a classé cet événement au niveau 0 de l'échelle INES, qui en compte 7.
L'analyse de l'événement a mis en évidence deux dysfonctionnements :
- ces gravats, que l'on pensait conventionnels (c'est-à-dire non contaminés), avaient en fait été en contact avec un liquide radioactif sur le chantier de déconstruction de Bugey 1 ; cette contamination n'avait pas été détectée ;
- le second dysfonctionnement concerne un écart dans l'application de la procédure de contrôle de radioactivité en sortie de site (contrôles non effectués malgré l'apparition de l'alarme visuelle).
Les demandes de l'ASN, dans sa lettre de suite, visaient à s'assurer que ces deux dysfonctionnements ne peuvent pas se reproduire.
La centrale a répondu point par points aux demandes. Nous avons par exemple renforcé immédiatement les contrôles de contamination des déchets considérés comme conventionnels dans le cadre de certains chantiers, notamment sur le chantier de Bugey 1. Dans les jours qui ont suivi l'événement, EDF a également renforcé les dispositifs d'alarme (sonore en plus de visuelle) au niveau des contrôles de radioactivité des véhicules en sortie de site et les contrôles de fonctionnement de ces dispositifs.
La centrale s'est également assurée qu'aucun événement similaire ne s'était produit auparavant.
Les différentes réponses apportées par EDF ont fait l'objet d'un courrier envoyé par la centrale à l'ASN le 21 octobre 2011.
A noter que l'instruction de ce dossier, à la suite de l'inspection du 11 août, a également fait l'objet d'une décision de l'ASN, en date du 9 novembre, en ligne sur le site internet de l'ASN. Cette décision donne à EDF un délai de 4 mois pour se mettre en conformité avec la réglementation relative à la gestion des déchets sur le site de Bugey 1.
Le jeudi 27 octobre 2011, lors de la réalisation d'un essai sur le circuit d'aspersion de l'enceinte* du réacteur n°5, un robinet a été identifié fermé alors qu'il était en position ouverte. Dès la détection de cet écart, une équipe de la centrale a immédiatement remis le robinet dans la bonne position. Après analyse, il est apparu qu'une défaillance technique du dispositif de manœuvre du robinet était à l'origine de cette position non conforme.
Cet écart n'a eu aucune conséquence sur la sûreté et le fonctionnement des installations. Cependant, la détection tardive de la position inversée du robinet constitue un écart aux règles générales d'exploitation et a été déclarée à ce titre par la centrale à l'Autorité de Sûreté Nucléaire au niveau 1 de l'échelle INES, qui compte sept échelons.
* Le circuit d'aspersion de l'enceinte a pour but de faire baisser la pression et la température dans le bâtiment réacteur en cas de fuite sur le circuit primaire.
Chaque centrale nucléaire déclare les évènements liés à son exploitation.
L'échelle INES *, adoptée depuis 1991, permet d'en évaluer l'importance.

* Cette échelle, établie par l'institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire met en place un langage commun pour évaluer la gravité d'un incident ou d'un accident survenu dans une centrale nucléraire; l'échelle se compose de 7 niveaux, le septième étant le plus grave.
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