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Centrale nucléaire du Bugey

1 Détection tardive du dysfonctionnement d'un filtre sur l'unité de production n°3 21/05/2013

Chaque année, dans le cadre du programme de surveillance et de maintenance des matériels, les filtres des systèmes de ventilation des centrales nucléaires sont contrôlés, et changés le cas échéant.

Le 20 mars 2013, un des deux filtres de la ventilation des bâtiments périphériques* de l'unité de production n°3 est remplacé. Au cours de cette opération de maintenance, le second filtre, qui fonctionne correctement, est utilisé.

Le 14 mai 2013, l'étude détaillée du compte-rendu de l'intervention met en évidence une erreur de calcul lors du contrôle d'éfficacité effectué après le remplacement du filtre. Le filtre n'ayant pas l'efficacité attendue, il est donc de nouveau remplacé. Les nouveaux contrôles réalisés sur celui-ci montrent qu'il fonctionne à présent correctement.

Cet événement n'a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, ni sur l'environnement. L'analyse de l'événement a cependant mis en évidence des délais de contrôle et d'utilisation du filtre supérieurs à ceux fixés par les règles générales d'exploitation. Il a donc été déclaré par la centrale nucléaire du Bugey le 17 mai 2013 à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), au niveau 1 de l'échelle INES, qui en compte 7.

* Les bâtiments périphériques jouxtent le bâtiment réacteur. Un système dédié assure leur ventilation 24h/24 afin d'empêcher toute propagation d'air éventuellement contaminé vers l'extérieur. L'air est aspiré, filtré, contrôlé et évacué par une cheminée à une altitude permettant une dilution suffisante des effluents, dans le respect des normes imposées.

Décroissance de la présence de tritium dans les eaux souterraines et engagement des travaux de réparation 03/05/2013

Le 22 avril 2013, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a réalisé une inspection sur la présence de tritium dans les eaux souterraines. Celle-ci a fait l'objet de 2 constats. Le premier porte sur le fait qu'une canalisation était inétanche et le second sur le fait qu'aucun examen par contrôle direct de la tuyauterie n'était possible. Suite à cette inspection, l'ASN a demandé à la centrale du Bugey de confirmer les mesures prises afin de s'assurer qu'il n'y ait plus d'écoulement de tritium par la tuyauterie portant une inétanchéité et que celle-ci soit réparée dans les meilleurs délais et au plus tard le 31 décembre 2013. L'ASN demande également qu'un programme d'examens périodiques et d'entretien des canalisations enterrées soit proposé dans un délai de 3 mois et mis en œuvre dans un délai de 9 mois.

Point d'avancement des travaux

Le chantier sur la portion de tuyauterie présentant un défaut a débuté. Mètre par mètre, le caniveau est ouvert et l'isolant de la tuyauterie est retiré, pour localiser avec précision le défaut et procéder à la réparation sur ce circuit, qui n'est plus utilisé depuis octobre dernier.

Point sur les dernières mesures

Les concentrations en tritium mesurées sur les puits de contrôle n°N8, N10 et N37 sont toujours en décroissance. Compte tenu du faible écoulement de la nappe, des traces de tritium peuvent être mesurées pendant plusieurs mois.
Les concentrations sur le puits N8 sont maintenant proches de la normale, entre 40 et 50 becquerels par litre (Bq/l). Celles mesurées sur le puits de contrôle n°037 enregistrent des fluctuations entre 150 et 360 Bq/l. Ces mesures sont en effet influencées par le niveau du Rhône (dilution de l'eau), le puits 037 se situant à proximité du fleuve.
Les concentrations en tritium mesurées dans les eaux du sous-sol de la centrale restent très inférieures au seuil de potabilité de l'eau (10.000 Bq/l), fixé par l'OMS.

Rappel des faits :

Pour rappel, le 15 octobre 2012, la centrale du Bugey a déclaré à l'Autorité de Sûreté Nucléaire la présence de tritium en quantité supérieure à 100 becquerels par litre (Bq/l) dans les eaux souterraines, dans une zone très localisée sur le site.

Pour en savoir plus, lisez la brève du 28 mars 2013.


*Le tritium est un élément radioactif produit lors de l'exploitation des centrales nucléaires. Il est stocké, contrôlé et comptabilisé sur site, dans de grands réservoirs prévus à cet effet, avant d'être rejeté conformément aux autorisations de rejets.

1 Défaut de fixation sur des échelles à crinoline 26/04/2013

Chaque unité de production de la centrale du Bugey est équipée de 2 groupes électrogènes (diesels), permettant de disposer, en cas de besoin, de sources d'alimentation électrique de secours*. Dans chacun des locaux abritant les 8 diesels du site, deux échelles à crinoline sont installées afin de pouvoir réaliser des opérations de maintenance sur les matériels en hauteur.

Dans le cadre d'une étude menée sur la tenue au séisme de matériels à proximité des groupes électrogènes, des défauts de fixation ont été constatés sur 7 échelles à crinoline.

Ce défaut de fixation concerne les crinolines à proximité des deux groupes électrogènes de secours des unités de production n°2 et 3. Cela constitue un écart par rapport aux règles de sûreté nucléaire. Les systèmes de fixation vont donc être renforcés dans les prochaines semaines.

Cet événement n'a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, ni sur l'environnement. Toutefois, il a été déclaré par la direction du site à l'Autorité de sûreté nucléaire, le 26 avril 2013, au niveau 1 de l'échelle INES, qui en compte sept.

*Chaque unité de production nucléaire dispose, en permanence, de cinq sources d'alimentation électrique différentes (dont les deux groupes électrogènes) lui permettant de faire fonctionner l'ensemble de ses matériels, dont ses systèmes de sûreté. L'une de ces alimentations prend le relais de l'autre en cas de défaillance.

1 Inversion de câblage entre deux capteurs de température 17/04/2013

Le 4 avril 2013, à l'occasion de l'arrêt programmé de l'unité n°2, les équipes de la centrale ont constaté une inversion de câblage entre deux des capteurs utilisés pour mesurer la température du cœur du réacteur, appelés thermocouples. En effet, la répartition homogène de la puissance à l'intérieur du cœur d'un réacteur est cartographiée et surveillée en permanence, au moyen de capteurs spécifiques répartis autour du réacteur. Quand l'un de ces capteurs doit subir une opération de maintenance durant plus d'une heure, des thermocouples sont utilisés en substitution pour effectuer la cartographie de puissance du réacteur.
En analysant l'utilisation des deux thermocouples mal câblés, les équipes de la centrale ont constaté qu'un seul avait été utilisé, le 15 octobre 2012, dans le cadre d'une intervention de maintenance de plus d'une heure sur un capteur de mesure de puissance.
Cette inversion de câblage n'a eu aucune conséquence sur la sûreté de l'installation. Elle a été initialement déclarée au niveau 0 de l'échelle INES, le 5 avril 2013, auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire. Du fait du non respect des conditions d'exploitation prévues en cas de maintenance sur un capteur de mesure de puissance, elle a été redéclarée au niveau 1 le 16 avril 2013.

Détection de tritium dans les eaux souterraines : point de la situation au 28 mars 2013 29/03/2013

Rappel des faits :

Le 15 octobre 2012, la centrale nucléaire du Bugey a déclaré à l'Autorité de Sûreté Nucléaire la présence de tritium* en quantité supérieure à 100 becquerels par litre (Bq/l) dans les eaux souterraines, dans un endroit très localisé du site, entre les unités de production n°2 et 3 et le Rhône. A cet endroit, l'eau s'écoule vers le Rhône où elle est instantanément diluée ; elle ne fait l'objet d'aucun usage direct, ni pour l'eau potable ni pour les besoins agricoles.
Les recherches lancées pour déterminer l'origine de cette présence de tritium dans la nappe phréatique ont permis d'identifier, le 12 décembre 2012, un défaut d'étanchéité sur un circuit présent dans un caniveau enterré. Ce circuit permettant le transfert d'effluents** depuis les bâtiments des auxiliaires nucléaires*** vers les réservoirs d'effluents. Le défaut d'étanchéité de ce circuit, conjugué avec la montée du niveau d'eau de pluie dans le caniveau, au-dessus de son revêtement étanche, explique la concentration en tritium mesurée dans la nappe phréatique.
Ce circuit d'effluents n'est plus utilisé depuis le 19 octobre 2012.
Compte tenu du faible écoulement de la nappe, des traces de tritium peuvent être mesurées pendant plusieurs mois.

Evolution de la situation depuis le point du 25 février 2013 (lire la brève du 25 février 2013 et la note d'information détaillée associée ) :

L'inspection robotisée de la tuyauterie présentant un défaut d'étanchéité est achevée. Elle a permis une localisation précise du défaut. Les travaux de réparation sont en cours de préparation.
Les contrôles complémentaires d'étanchéité sont également achevés, aucune autre canalisation ne présente de défaut d'étanchéité.
Afin de renforcer la surveillance de la nappe phréatique, les équipes de la centrale ont foré, en février 2013, 5 nouveaux puits de contrôle sur le site, entre les unités de production n°2 et 3 et le Rhône. Ils s'ajoutent aux 60 puits déjà répartis sur l'ensemble du site, dont 9 dans cette zone. Un de ces nouveaux puits présente également des traces de tritium, cohérentes avec celles relevées sur un puits voisin.
De façon générale, les niveaux de tritium mesurés dans chacun des trois autres puits de contrôle concernés continuent de diminuer lentement.

*Le tritium est un élément radioactif produit lors de l'exploitation des centrales nucléaires. Il est stocké, contrôlé et comptabilisé sur site, dans de grands réservoirs prévus à cet effet, avant d'être rejeté conformément aux autorisations de rejets.
**Les effluents sont les gaz et liquides radioactifs issus de la production nucléaire d'électricité. Ils sont traités par les sites qui les émettent puis stockés, contrôlés et comptabilisés avant d'être rejetés conformément aux autorisations de rejets.
***bâtiment des auxiliaires nucléaires sont les bâtiments contigus aux bâtiments réacteur. Ils abritent notamment les systèmes de traitement et de conditionnement des effluents radioactifs.


Qu'est-ce que l'échelle INES

Chaque centrale nucléaire déclare les évènements liés à son exploitation.
L'échelle INES *, adoptée depuis 1991, permet d'en évaluer l'importance.

* Cette échelle, établie par l'institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire met en place un langage commun pour évaluer la gravité d'un incident ou d'un accident survenu dans une centrale nucléraire; l'échelle se compose de 7 niveaux, le septième étant le plus grave.


Pour en savoir plus

Sur l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

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